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À Bangui, travailler comme conducteur de moto-taxi, métier déjà périlleux, est devenu un véritable parcours du combattant. Ces dernières semaines, une série d’agressions met en lumière une nouvelle tendance inquiétante : des malfrats droguent leurs victimes pour mieux les dépouiller.
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Le scénario est toujours le même : un client semble ordinaire, demande un transport, puis, en pleine course, administre à son conducteur une substance qui le rend vulnérable. La victime, désorientée et affaiblie, se retrouve souvent dépouillée de sa moto, principale source de revenus, et abandonnée sur le bord de la route.
Pour ces travailleurs informels, déjà fragilisés par des conditions de travail difficiles, ces agressions représentent un double coup dur : la perte financière et le traumatisme psychologique. « Chaque jour, on prend le risque de se faire attaquer. On n’est jamais préparés à ça », confie un conducteur sous couvert d’anonymat.
Les autorités sécuritaires ont renforcé les patrouilles dans certains quartiers de la capitale, mais la protection reste insuffisante face à la sophistication des techniques employées par les malfrats. Des associations locales appellent désormais à la mise en place de dispositifs de prévention et à une sensibilisation des conducteurs pour réduire les risques.
Ce phénomène soulève également une question plus large : celle de la sécurité des travailleurs informels à Bangui, qui constituent un maillon essentiel de l’économie urbaine. Alors que les habitants continuent de dépendre des motos-taxis pour leurs déplacements quotidiens, la vigilance et la solidarité apparaissent comme des armes indispensables pour lutter contre ces pratiques criminelles.
En attendant des mesures concrètes, les conducteurs sont appelés à rester prudents, à éviter les trajets nocturnes seuls et à signaler tout comportement suspect. Bangui, ville en mouvement, doit aussi apprendre à protéger ceux qui assurent sa mobilité.